Journée internationale de tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines

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Le 20 décembre 2012, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté une résolution par laquelle elle engage les États, le système des Nations Unies, la société civile et tous les acteurs concernés à célébrer le 6 février la Journée internationale de la tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines et à saisir l’occasion de cette journée pour intensifier les campagnes de sensibilisation et prendre des mesures concrètes contre les mutilations génitales féminines. Actuellement, dans le monde, 6 petites filles sont excisées par minute. Chaque année, 3 millions de filles de moins de 15 ans risquent l’excision.

Les mutilations génitales féminines

Les mutilations génitales féminines (MGF) sont considérées au niveau international comme une violation des droits des filles et des femmes. Elles reflètent une profonde inégalité entre les sexes et constituent une forme extrême de discrimination à l’égard des femmes. Étant donné qu’elles sont souvent pratiquées sur des mineures, elles constituent aussi une violation des droits de l’enfant.

Ces pratiques violent également les droits à la santé, à la sécurité et à l’intégrité physique, le droit d’être à l’abri de la torture et de traitements cruels, inhumains ou dégradants, ainsi que le droit à la vie lorsqu’elles ont des conséquences mortelles.

On les rencontre principalement dans 29 pays d’Afrique et du Moyen-Orient mais les mutilations génitales féminines restent un problème universel, étant donné qu’elles sont aussi pratiquées dans certains pays d’Asie et d’Amérique latine.

Les mutilations génitales féminines persistent aussi parmi les populations immigrées qui vivent en Europe occidentale, en Amérique du Nord, en Australie et en Nouvelle-Zélande.
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infographie 2016 - cliquez sur l’image

À l’occasion du 6 février 2017, 14e Journée mondiale de lutte contre les mutilations génitales féminines (MGF)

Le centre de documentation de Monde Solidaire vous propose une sélection d’ouvrages, de films et de sites qui vous permettront de vous informer sur cette pratique qui détruit les vies de nombreuses femmes dans le monde.

A lire

OUVRAGES

Un tout petit bout d’elles
Raphaël BEUCHOT, ZIDROU ; Lombard, 2016
Cette BD raconte l’histoire de Yue qui travaille sur un chantier forestier au Congo. Il est tombé amoureux d’Antoinette, une Congolaise qui a une fille presque adolescente, Marie-Léontine. Yue découvre qu’Antoinette a été excisée, qu’une partie de son sexe lui a été retiré, une coutume africaine fréquente. La jeune femme explique à Yue que dès son enfance on lui a appris que cette mutilation était indispensable pour trouver un mari. A la fin de l’ouvrage, un dossier documentaire explique la pratique de l’excision dans les pays africains, ses conséquences et les moyens pour agir contre cette mutilation.

La tête ne sert pas qu’à retenir les cheveux
Sabine PANET, Pauline PENOT, THIERRY MAGNIER, 2015
Adressé aux adolescentEs, ce roman raconte l’histoire de Awa Bocoum. Awa a 16 ans, elle est en terminale et apprivoise son corps de femme avec difficulté. Lors d’une visite chez une gynécologue, elle apprend qu’elle a été excisée. Elle n’a jamais entendu ce mot et découvre cette pratique mutilatrice d’un autre temps. C’est d’abord la colère qui la gagne, puis vient la volonté de protéger ses petites sœurs.

Mutilations génitales féminines/excision : Bilan statistique et examen des dynamiques du changement
Rapport UNICEF, 2013
Le rapport offre un bilan statistique complet des mutilations génitales féminines/excision (MGF/E) dans les 29 pays d’Afrique et du Moyen-Orient où ces pratiques se concentrent. Liées à l’appartenance ethnique, elles sont le plus souvent justifiées par des raisons d’acceptation sociale.

Excision et migration en Belgique Francophone : rapport de recherche de l’Observatoire du sida et des sexualités pour le GAMS Belgique
Myriam DIELEMAN ; GAMS, 2010.
Ce rapport a pour objectif de décrire et de comprendre l’impact de la migration sur les pratiques et les représentations de l’excision afin de saisir les motifs et les logiques qui concourent à la continuité ou à l’abandon de celle-ci parmi les populations d’origine subsaharienne (conditions de vie, dynamiques sociales, effets des dispositifs institutionnels).

Les mutilations génitales féminines au Mali
OFPRA , 2008/11.
L’OFPRA effectue régulièrement des missions dans les pays d’origine des demandeurs d’asile afin d’y récolter des informations pouvant expliquer les demandes de protection de ressortissants de ces pays en France. Au Mali, le risque de mutilations génitales féminines est un des facteurs poussant des femmes et leurs filles à venir chercher une protection. Le taux de prévalence de ces mutilations génitales est en effet très élevé au Mali (85% de la population féminine âgée de 15 à 49 ans).

Mutilations génitales féminines : l’excision
Naomi KIPURI ; l’Harmattan, 2006.
La lutte contre l’excision, considérée comme un rituel de passage, est un défi dans toute l’Afrique de l’Est. Au Kenya, si des résultats positifs ont été obtenus sur le plan législatif, la loi ne peut à elle seule changer les modes de vie et les pensées séculaires.

Droit de cité : Etre femme au Burkina Faso
Monique ILBOUDO ; Remue Menage, 2006/04.
La première partie du livre traite des mutilations génitales chez les fillettes et chez les femmes, mais aussi de la pratique de la circoncision pour les garçons. Pratiques qui ont malheureusement encore cours au Burkina Faso malgré un système juridique l’interdisant. D’autres problématiques touchant les femmes burkinabées telles que la contraception, l’interruption volontaire de grossesse, le viol, l’inceste et les croyances en la sorcellerie sont abordées dans cet ouvrage.

Nos filles ne seront pas excisées
GAMS, 2006.
Cet ouvrage présente le Groupe d’abolition des mutilations sexuelles (GAMS) et ses actions menées sur le terrain en France comme en Afrique. Il rend hommage à l’implication individuelle, à la mobilisation collective de femmes et d’hommes qui s’élevent contre ces atteintes à l’intégrité et à la santé de la femme.

Le pacte d’Awa : pour en finir avec les mutilations sexuelle
COLLECTIF ; Syros, 2006.
Cet ouvrage propose un état des lieux de la pratique de l’excision dans le monde, de ses raisons et de ses conséquences. Il présente tout d’abord quatre témoignages de personnes (Mali, Éthiopie), puis aborde les cinq thèmes suivants : qu’est-ce que l’excision ? pourquoi les mutilations génitales féminines ? L’excision, une coutume néfaste pour la santé des femmes ; des lois contre l’excision ; tous ensemble pour faire reculer l’excision. (NDLR : le discours est facile d’accès, très pédagogique).

Comment lutter contre les mutilations génitales féminines ici et là-bas ?
Isabelle GILLETTE-FAYE, Robert TOUBON ; EQUIPOP, 2001/11.
Ce document propose des moyens de lutter contre les mutilations sexuelles féminines en France et dans les pays du Sud qui les pratiquent. Des spécialistes médecins et militants associatifs s’y expriment et font le point sur les conséquences de ces pratiques et des moyens légaux disponibles pour les éradiquer.

L’intolérable alibi culturel : l’excision et ses bonnes excuses
Emmanuel GREZ ; CASIMODO, 2000/05.
Plus de deux millions de filles sont excisées chaque année dans le monde, principalement en Afrique et dans la péninsule arabique, mais aussi dans les pays d’accueil de populations migrantes. L’excision est une violence faite aux filles dans le but de restreindre leurs pulsions sexuelles. Cette violence de l’excision est parfois expliquée, pour ne pas dire excusée, par le poids de la tradition.

ARTICLES

En finir avec l’excision
CIIP ; Catherine GRUNWALD, 2015/02
Zoom d’actualité Ritimo très complet qui propose un état des lieux sur les mutilations génitales féminines et les combats qui continuent pour éradiquer ce fléau.

Afrique de l’ouest : Les combattantes face à l’excision
Meeri KOUTANIEMI
Article paru dans "FEMMES ICI ET AILLEURS" N°12 - 2015. P. 12-28
Plus de 125 millions de filles et de femmes dans le monde sont victimes de mutilations génitales. L’auteure de ce reportage, photojournaliste finlandaise, travaille sur ce sujet depuis 2012. La série de travaux présentés dans ce dossier est composée de photos réalisées au Kenya et en Ouganda, sur les raisons qui se cachent derrière les mutilations génitales féminines, leur "logique" ainsi que sur leurs conséquences. A travers les photos et témoignages de femmes qui luttent au quotidien contre ce fléau, l’auteure inscrit son travail dans un militantisme politique affirmé pour les droits humains, l’indépendance sexuelle et l’égalité des genres.

Un nouvel élan dans la lutte contre l’excision
Eugénie FORNO
Article paru dans "CLARA magazine " N° 139- 2013/09. P. 139
A l’occasion de la journée Internationale pour la journée internationale de la tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines le 6 février 2014, Eugénie Forno recueille les propos de Marion Schaefer, présidente de l’association "Excision parlons-en !". Cette dernière explique combien il est encore nécessaire de mobiliser autour des mutilations sexuelles féminines.

Femmes persécutées : pour la reconnaissance du statut de réfugiée
Claudie LESSELIER
Article paru dans "CLARA magazine" N° 131- 2012/05. P. 14
Depuis les années 2000, dans l’examen de leur demande d’asile, les femmes ne sont pas discriminées par rapport aux hommes. Pourtant, la reconnaissance des persécutions liées au genre est encore insuffisante : l’excision, les violences sexuelles, les mariages forcés...

Quand le droit des femmes se dit à la mosquée : ethnographie des voies islamiques d’émancipation au Burkina Faso
Maud SAINT-LARY
Article paru dans "AUTREPART, Revue de sciences sociales au sud" N° 61- 2012/2. P. 137-156
L’émergence au Burkina Faso de discours apparentés au féminisme islamique transparaît largement parmi les militantes instruites dans les cursus laïques. Ces femmes s’impliquent dans les politiques publiques destinées à améliorer la condition féminine (l’autonomisation des femmes, la lutte contre l’excision,la santé maternelle). À l’intérieur de la sphère islamique également, les militantes intellectuelles estiment que l’instruction religieuse doit permettre aux femmes de connaître leurs droits pour lutter contre les interprétations patriarcales des textes, et même pour y lire les principes d’égalité entre homme et femme.

A voir

Kimbidalé
Emmanuelle LABEAU, 2015/02, 51 mn
Depuis vingt ans, Madina Aidahis et Halima Issé mènent une lutte acharnée pour mettre fin à la pratique de l’excision et de l’infibulation en pays Afar éthiopien. Chaque jour, elles sillonnent les villages de la région de Gawani pour sensibiliser les habitants sur les effets néfastes de ces mutilations génitales féminines. À partir de 2005, leur combat prend une dimension internationale. Soutenues par le mouvement féministe français Femmes Solidaires, Madina et Halima ont réussi à sauver plus de huit cent cinquante petites filles.

Marche en corps : Parlons de l’excision simplement
Ilse TEMPELAAR, 2014, 52 mn.
Ce documentaire est constitué du récit de deux marches organisées par l’association quimperloise "Marche en corps". Celle du printemps 2013 est partie de Quimperlé, jumelée avec Nara au Mali, pour arriver à Angers, jumelée avec Bamako au Mali également. La deuxième marche s’est déroulée à Paris en novembre 2013.

L’excision une lutte au quotidien
Solidarité Aux Femmes Excisées (SAFE), 2013, 60 mn.
Ce documentaire suit différentes associations africaines militant contre l’excision dans plusieurs pays d’Afrique. En plus des militants, ce film laisse la parole aux chefs religieux et traditionnels, aux exciseuses, aux excisées, aux ministres et autres politiques afin que nous cernions les tenants, aboutissants et conséquences de ces pratiques, les types de mutilations et les croyances liées au rite.

L’appel de Diégoune : Le film de tout un village
Respect for Change, TOSTAN, 2009, 35 mn.
Des champs de riz à un terrain de football, en passant par la mosquée locale, des hommes et des femmes, membres de la communauté rurale de Diégoune (Sud du Sénégal), expliquent les événements entourant leur décision collective d’abandonner la pratique profondément établie qu’est l’excision.
Accompagnement : Livret de 34 P.
Le livret d’accompagnement comporte deux parties : un déroulé indicatif d’une séance (2h) de discussion autour du film et une série de questions/réponses.

Femmes assises sous le couteau
Laurence PETIT-JOUVET, 1995, 26 mn
Audiovisuel Multimédia Internationale productions (AMIP)
En Bambara, "se faire exciser" se dit "s’asseoir sous le couteau". Dans de nombreux pays d’Afrique, l’excision a été considérée longtemps comme une pratique traditionnelle intangible. En France, où la loi l’interdit, des femmes africaines et françaises militent au sein du GAMS (Groupe femmes pour l’abolition des mutilations sexuelles), afin de faire changer les mentalités. Ni l’Islam, ni le prétexte du rite de passage, ni l’argument fallacieux de la fidélité de l’épouse ne peuvent justifier les souffrances infligées aux femmes et l’atteinte à leur intégrité sexuelle.

Pour aller plus loin

Excisions, parlons-en est une association qui a pour objet de contribuer à fédérer des acteurs sur la thématique de l’excision en France ou dans le monde. Elle travaille à la disparition de l’excision en privilégiant un travail de mutualisation des expertises de différents acteurs, ainsi que l’information, l’éducation et la formation.

Le Groupe pour l’abolition des mutilations sexuelles féminines est engagée dans la lutte contre toutes les formes de violences faites aux femmes et aux filles et plus particulièrement les mutilations sexuelles féminines, les mariages forcés et/ou précoces,les autres pratiques traditionnelles néfastes à la santé des femmes et des filles.

Stop violences femmes est un site très complet sur les différents types de violences faites aux femmes, dont les mutilations sexuelles féminines.

Femmes Solidaires est un mouvement féministe, laïque, d’éducation populaire qui s’engage pour faire reculer toutes formes de discriminations et développer une éducation non sexiste et non violente.

Egalité maintenant. Cette organisation fondée en 1992 mène des campagnes de sensibilisation et de plaidoyer juridique pour défendre les droits humains des femmes et des filles. Les mutilations sexuelles féminines font partie de leurs domaines d’intervention.

Journée internationale de tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines : Le site des Nations Unies consacré au 6 février, journée internationale de mobilisation autour de l’excision.

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