L’agroécologie est-elle une alternative crédible à l’agriculture productiviste ?

Publié le : , par  Francine

La journée de la Terre est célébrée tous les ans le 22 avril ; cette date a été choisie pour commémorer le 22 avril 1970, jour où le sénateur américain Gaylord Nelson a organisé une grande manifestation pour réclamer la prise en compte de l’importance de l’environnement dans les politiques fédérales américaines. Pendant 20 ans , la Journée de la Terre demeure un phénomène essentiellement américain, qui devient un phénomène mondial en 1990 où il est célébré dans 140 pays par plus de 200 millions de personnes.
Depuis 2009, le 22 avril est reconnu par l’ONU comme la "Journée internationale de la Terre nourricière" ; cette journée nous rappelle que la terre est source de vie pour tous les êtres vivants et que l’activité humaine la met à rude épreuve, en particulier à cause de pratiques agricoles productivistes.

Un système agricole productiviste destructeur

Après la 2ième guerre mondiale, dans les pays développés puis dans nombre de pays en développement, s’est mis en place un système agricole productiviste qui veut maximaliser les rendements grâce à la mécanisation, à l’utilisation d’intrants (engrais chimiques, pesticides, semences améliorées) et à l’irrigation massive. Ce modèle a fait exploser les rendements mais a eu des conséquences désastreuses sur les eaux, les sols, la biodiversité agricole et le climat.

L’emploi massif d’engrais azotés et de pesticides ainsi que les effluents d’élevage ont pollué les eaux de surface et les nappes phréatiques. En France, selon les chiffres du ministère de l’Ecologie et du Développement durable, plus de la moitié des eaux de surface sont dans un état écologique moyen, médiocre ou mauvais. En Bretagne, ces produits sont aussi responsables de la prolifération d’algues vertes nocives sur le littoral [1].

Ce système agricole dégrade aussi les sols. En effet les labours intensifs, les monocultures, l’abattage des haies ont pour conséquence de faciliter l’érosion qui provoque une baisse de leur fertilité ; celle-ci est aussi due au compactage des sols provoqué par les passages fréquents de machines et à la salinisation de certains sols mal irrigués.On estime que pendant la 2ième moitié du XXème ce sont les 2/3 de la superficie agricole mondiale qui se sont dégradés.

L’agriculture industrielle porte aussi atteinte à la biodiversité agricole. Un rapport de la FAO (Food and Agriculture Organisation) paru en 1996 constate que les 3/4 de la diversité génétique des espèces cultivées ont disparu au cours du XXème siècle. En effet, l’agriculture industrielle se cantonne à la production d’un nombre d’espèces très limité : actuellement 30 espèces végétales procurent 90% des calories consommées dans le monde, dont environ la moitié fournie parle maïs, le blé et le riz. Il s’agit surtout de variétés à haut rendement élaborées par des agronomes et des généticiens en laboratoire, et non plus par des paysans ; ces espèces sont presque les seules à être sur le marché. En effet, la législation de plusieurs pays dont la France n’autorise plus les agriculteurs à acheter d’autres semences que celles, peu nombreuses, accréditées par les pouvoirs publics et qui sont surtout produites par les transnationales de l’industrie semencière (Monsanto, Syngenta..). A titre d’exemple, avant la deuxième guerre mondiale, en France on cultivait 600 variétés de blé, aujourd’hui seules restent quelques dizaines dont vingtaine occupent la moitié des superficies consacrées à cette céréale.
Plus largement, la majorité des pratiques de l’agriculture industrielle, destruction des "mauvaises herbes" et des nuisibles, diminution des rotations, destruction des bois et haies, épandage non ciblé de produits chimiques, sont des facteurs de réduction de la biodiversité globale de la planète.

D’autres ressources sont aussi menacées : l’eau et les hydrocarbures. Durant la 2ième moitié du XXème siècle , les surfaces irriguées ont doublé ,passant de 150 à 300 millions d’hectares. L’essor de l’élevage industriel et des agrocarburants accentue aussi la pression sur l’eau ; il faut environ 2500 litres d’eau pour produire un litre d’agrocarburant et 13500 pour un kilo de viande. L’agriculture industrielle dépend aussi fortement du pétrole pour la fabrication des engrais et des produits phytosanitaires, pour faire tourner les machines et les pompes d’irrigation dans les fermes, pour les transports des produits agricoles.

Ces activités émettent, en plus, des gaz à effet de serre (GES). D’après le GIEC (groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat), l’agriculture accélère le réchauffement climatique , en étant responsable d’environ 33% des émissions totales de GES, bien avant l’industrie.Ces 33% se décomposent en 14% pour l’agriculture industrielle et 19%pour la déforestation. Selon la FAO, les émissions de GES liés à l’agriculture ont doublé au cours des 50 dernières années ce qui s’explique par le recours massif aux engrais de synthèse et au développement de l’élevage industriel.

Par ailleurs, dans le monde entier, l’agriculture industrielle occupe des superficies de terre croissantes, conquises sur les forêts ; selon les données de l’université du Maryland, rien qu’en 2014, les forêts ont reculé de 180 000 km2 soit environ deux fois la superficie du Portugal, au profit surtout de l’agriculture à laquelle on peut imputer de 70 à 90% de la déforestation mondiale. Une grande partie de l’espace forestier est ainsi transformée en prairie et une autre partie est utilisée pour la culture de plantes fourragères.

Un alternative respectueuse de l’environnement et viable économiquement

Face à ce modèle destructeur, l’agroécologie [2] peut-elle être une véritable alternative ? Les méthodes agroécologiques visent à associer le développement agricole à la protection de l’environnement et au bien-être de ceux qui y travaillent. Elles incluent l’agroforesterie (arbres et cultures sur la même parcelle), les associations de cultures, la lutte contre les indésirables par des prédateurs naturels, le semis direct c’est-à-dire sans labours.

Ces techniques agricoles évitent le recours aux intrants extérieurs (engrais, pesticides), préservent les ressources (eau, sol..) ; de plus, la gestion des sols permettant un meilleur stockage du carbone, elles réduisent les émissions de GES, et sont aussi à même de supporter les aléas climatiques en particulier les épisodes de sécheresse et d’inondations.

L’agroécologie est donc performante pour la protection de l’environnement mais aussi d’un point de vue économique. En effet, cette performance écologique s’allie à une productivité plus importante. En 2009, le rapport de l’IAASTD [3], issu d’une recherche ayant mobilisé plusieurs centaines d’experts de tous les continents a montré que certains systèmes traditionnels et agroécologiques sont tout aussi productifs, voire plus, pour la production alimentaire, que l’agriculture industrielle. Une étude pilotée par l’université d’Essex a analysé 286 projets agroécologiques menés dans 57 pays en développement ( PED ) couvrant une surface totale de 37 millions d’hectares et a montré une augmentation moyenne des rendements de 80% dans les 57 PED et une augmentation moyenne de 116% pour les projets africains. Ces données démentent le prétendu manque d’efficacité de ces cultures et tendent à confirmer qu’il est possible de doubler la production alimentaire d’ici 2050 et de nourrir plus de 9 milliards de personnes.

Enfin, le mode de production agroécologique est particulièrement bien adapté aux petits paysans qui constituent la majorité de la population rurale pauvre soit près d’un milliard de personnes [4] et qui pour la plupart souffrent de la faim alors qu’ils sont eux-mêmes producteurs de nourriture ! En permettant à ces petits paysans d’augmenter leur production avec peu de capital, ces pratiques agricoles peuvent améliorer la sécurité alimentaire et apporter des revenus supplémentaires. L’agroécologie est donc également une réponse au problème de la faim là où l’agriculture productiviste a échoué.

Au total, l’agroécologie est une alternative qui possède des atouts environnementaux, économiques et sociaux avérés.

Une prise de conscience réelle, mais encore trop lente

Des voix s’expriment au plus haut niveau international pour signaler l’urgence qu’il y a à réorienter l’agriculture vers un modèle plus durable, compatible avec le maintien des ressources, la stabilité des ressources et la justice sociale c’est à dire l’agroécologie. C’est le message du rapport de l’IAASTD et de celui d’Olivier de Schutter, Rapporteur spécial de l’ONU sur le droit à l’alimentation, présenté en 2011. Mais ces points de vue restent encore minoritaires.
Mais c’est surtout sur le terrain que la résistance s’organise pour lutter contre les conséquences de l’agriculture industrielle et contrer sa propagation. Dans les pays du Sud, les projets agroécologiques se multiplient depuis les années 1980, soutenus par des ONG et des mouvements paysans ; ceux- ci sont souvent membres de Via Campesina , premier mouvement international de petits paysans, paysans sans terre, travailleurs agricoles qui regroupe 182 organisations de 81 pays soit 200 millions d’affiliés.

En 2015, au Forum international pour l’agroécologie, Via Campesina a déclaré [5] que "l’agroécologie est la solution pour transformer et réparer la réalité d’un système agroalimentaire et d’un monde rural dévasté par le modèle de production industrielle". Pour assurer la diffusion des méthodes agroécologiques, Via Campesina a développé des formations pratiques sur le mode "campesino a campesino" : les paysans ayant trouvé de nouvelles solutions à des problèmes communs à un grand nombre d’entre eux utilisent leurs propres fermes comme salles de classe pour partager ces solutions avec d’autres paysans. Ces dernières années, nombre d’organisations affiliées à Via Campesina ont mis en oeuvre des programmes d’agroécologie sur ce mode. Un des programmes nationaux les plus remarquables a été développé à Cuba : en moins de 10 ans, 1/3 des familles paysannes de l’île, soit près de 110 000 familles, se sont converties à l’agroécologie .

Une diffusion limitée et de nombreux obstacles à surmonter

Malgré ces succès, la diffusion des pratiques agroécologiques ne concerne encore que des surfaces limitées et et la transition vers un système agricole viable se heurte à bien des obstacles.

  • Obstacles sociaux, tout d’abord. A court terme, la transition représente un coût (baisse de productivité, besoins en main d’œuvre, formation, temps d’adaptation). Par ailleurs, les prix des denrées alimentaires sur le marché ont tendance à baisser. De ce fait, les agriculteurs, déjà confrontés à des difficultés économiques (revenus faibles, remboursements de leurs emprunts), se sentent souvent incapables de revoir radicalement leur approche.
  • Obstacles technologiques : la modernisation de l’agriculture mondiale s’est faite uniquement selon un modèle productiviste qui exige des agriculteurs de gros investissements, qui doivent être rentabilisés dans un système technique dont il est difficile de sortir sans faire une transition généralisée.
  • Obstacle culturel, ensuite. Dans les pays industrialisés surtout, la plupart des consommateurs se tournent vers une nourriture bon marché, accessible toute l’année sans restrictions de provenance. Par ailleurs, on passe de moins en moins de temps à préparer les repas car on consomme de plus en plus de plats pré cuisinés par l’industrie agroalimentaire.
  • Obstacles économiques et politiques, enfin, qui sont déterminants. Le système agro-alimentaire est dominé par quelques transnationales très puissantes ; 4 d’entre elles (Monsanto-Byer, Dow Chemical, Du Pont-Pioneer et Sygenta) contrôlent près de 60% du marché mondial des semences commerciales. Les mêmes plus BASF produisent 75% de l’offre en pesticides. Cette puissance économique leur confère un énorme pouvoir d’influence sur les gouvernements qui décident des politiques agricoles et qui ont souvent une vision à court terme. On peut douter dans ces conditions de leur volonté de transformer le système agricole dominant.

Pour surmonter ces obstacles et rendre possible la diffusion de l’agroécologie, il est important d’actionner l’ensemble des leviers disponibles. Cela exige, outre une forte implication des agriculteurs, des réorientations en matière de recherche et de formation, et la participation active de tous les maillons des filières agricoles, jusqu’aux consommateurs, sans oublier bien sûr le rôle d’impulsion et d’accompagnement que doivent jouer les politiques publiques.

Un rôle important pour répondre aux défis mondiaux

Le rôle que peut jouer l’agroécologie dans l’élaboration de la réponse aux nouveaux défis mondiaux ne peut pas être nié : capable de contribuer à la lutte contre le changement climatique mais aussi directement liée à la concrétisation des 17 Objectifs de développement durable [6] comme la lutte contre la pauvreté, la faim et la malnutrition, elle doit être aujourd’hui considérée comme une priorité absolue, et encouragée à tous les niveaux.

Les nombreuses expériences et initiatives menées partout dans le monde nous montrent que cette évolution nécessaire vers l’agroécologie est déjà en cours, et qu’elle participe à apporter une réponse aux enjeux contemporains de l’agriculture : nourrir une population croissante tout en préservant les ressources naturelles.

à lire

OUVRAGES

Quelles politiques publiques pour promouvoir l’adaptation des agricultures familiales aux changements climatiques : Rapport de la C2A-octobre 2017
Coordination sud ; PARIS : COORDINATION SUD (SOLIDARITE URGENCE DEVELOPPEMENT), 10/2017
Ce rapport réalisé par la commission Agriculture et alimentation (C2A) de Coordination SUD, met en lumière les enjeux de l’adaptation des agricultures familiales aux changements climatiques et fait le point sur l’intégration de cette question dans les politiques publiques à partir de l’étude de cas des politiques mises en place au Costa Rica, au Niger et au Vietnam.

La transition écologique : défis et enjeux
Cécile Claveirole ; CESE (Conseil économique, social et environnemental), 11/2016
Dans un contexte profondément marqué par la dérégulation de certains marchés et la mondialisation, l’agriculture française fait face à des défis majeurs : économiques, sociaux, alimentaires, sanitaires, environnementaux, sociétaux, territoriaux et techniques. Discipline scientifique au carrefour de l’agronomie et de l’écologie, l’agroécologie peut, à travers les pratiques qu’elle promeut, contribuer à relever ces défis en transformant l’agriculture pour aller vers des systèmes alimentaires plus durables. A partir d’une analyse des freins et des leviers à son développement, le CESE formule un ensemble de préconisations en matière de recherche, de formation, d’adaptation des filières agroalimentaires, de réorientation des politiques publiques pour accompagner les agriculteur.rice.s dans la transition agroécologique.

Demain : Un nouveau monde en marche
Cyril DION ; ARLES : ACTES SUD, 2015
Les réalisateurs du film éponyme ont parcouru le monde pour découvrir des solutions alternatives dans l’agriculture, l’énergie, l’économie, l’éducation et la démocratie. En reliant ces initiatives, ils mettent au jour une nouvelle philosophie, une communauté de pensée entre des acteurs qui ne se connaissent pas, mais qui construisent un nouveau projet de société.

Pour une transition agroécologique dans les territoires soumis à la désertification : Proposition d’une démarche d’accompagnement
Marion FINET, Adeline DERKIMBA ; VIOLS LE FORT : GROUPE TRAVAIL DESERTIFICATION (GTD), 2015
Dans cet ouvrage, le Groupe de Travail Désertification (GTD) propose une démarche s’appuyant sur les principes de l’agroécologie pour repenser le développement des territoires en zone sèche. Le document est construit en deux temps : comprendre et justifier une approche agroécologique à l’échelle des territoires dans les régions soumises à la désertification ; et construire et conduire une démarche agroécologique intégrée à cette échelle.

Permaculture : Guérir la terre, nourrir les hommes
Charles et Perrine HERVÉ-GRUYER ; ARLES : ACTES SUD, 2014
Les auteurs ont créé il y a plus de dix ans une micro-ferme de maraîchage en Normandie basée sur la permaculture, une agriculture biologique qui prend la nature comme modèle. Leur objectif : une production intensive et rentable en travail manuel sur une toute petite surface, qui n’utilise pas d’intrants, améliore la fertilité des sols et la biodiversité. Les premiers résultats d’une étude menée par des agronomes montrent la pertinence sociale, économique et écologique d’une agriculture permaculturelle.

Agroécologie, une transition vers des modes de vie et de développement viables : Paroles d’acteurs
Groupe travail désertification (GTD) ; VIOLS LE FORT : CENTRE D’ACTIONS ET DE REALISATIONS INTERNATIONALES (CARI), 2013
Cette publication comprend une synthèse des résultats d’une dizaine de cas choisis parmi une trentaine de projets à connotation agroécologique conduits auprès de petits paysans des zones sèches des pays du Sud. La première partie des informations est basée sur les connaissances des principaux auteurs et des recherches bibliographiques sur l’agroécologie. La deuxième partie est constituée de témoignages directs des professionnels en agriculture écologique. La troisième partie repose sur des sondages effectués auprès des acteurs de l’agroécologie, dans le cadre des activités de solidarité internationale réalisées par des ONG françaises et leurs partenaires du Sud. Enfin la dernière partie renvoie à des acteurs et actions de l’agroécologie.

Famine au Sud, malbouffe au Nord : Comment le bio peut nous sauver
Marc DUFUMIER ; PARIS : NIL EDITIONS, 2012
L’agriculture productiviste a considérablement augmenté la quantité de nourriture disponible au Nord mais, c’est au prix de la perte de la qualité des produits et de la dégradation des terroirs. Dans les pays du Sud, la méconnaissance du savoir-faire traditionnel des paysans, l’achat des surplus du système agricole industriel à des prix imposés par la spéculation, contribuent à l’appauvrissement des populations, à l’exode rural et, au pire, à la famine. Les remèdes proposés par l’auteur sont l’agroécologie et la restauration de l’agriculture paysanne. Ainsi, l’agriculture bio permettra de nourrir la planète d’ici 2050. Un message optimiste difficile à faire passer.

PERIODIQUES

Pour une transition agroécologique paysanne
Sophie Swaton ; LA REVUE DURABLE, N°59, été-automne 2017
Dossier comprenant 16 articles
* Rencontre Sophie Swaton : un revenu de transition écologique scellerait l’union de l’écologie politique avec l’économie sociale et solidaire P. 7
* Editorial P.13
- Une authentique agroécologie renouvelle l’identité paysanne, l’économie et la démocratie P. 14
- Indicateurs sur l’agriculture industrielle P. 16
- Les huit verrous de la transition écologique P.18
- L’agroécologie n’a rien à voir avec l’agriculture conventionnelle ni "intelligente face au climat" (Michel Pimbert) P. 20
- Les microfermes au cœur de la transition agroécologique (Kevin Morel) P.26
- Indicateurs sur l’agriculture industrielle P.30
- Montpellier se dote d’une politique agroécologique et alimentaire P.32
- La gouvernance alimentaire s’invente en ville P.36
- Des paysans boulangers, des animateurs et des chercheurs font renaître la biodiversité du blé P.38
- L’ Atelier paysan donne leur souveraineté technique aux paysans P. 42
- Indicateurs sur l’agriculture industrielle P.44
- En France, le mouvement des Amap est très organisé pour défendre la transition agroécologique P. 46
- En Suisse romande, l’agriculture contractuelle de proximité soutient la souveraineté alimentaire (Julien Vuilleumier) P. 48
- Le supermarché participatif paysan à Meyrin, point de bascule de la transition P.52
- Guide sur l’agroécologie P. 58

Manger autrement : Vers une alimentation durable
Naïri NAHAPETIAN ; Les dossiers d’alternatives économiques, N°11, 09/2017
Sous-alimentation au Sud et obésité au Nord (progressant au Sud) ne sont que les symptômes d’un modèle alimentaire mondial absurde, polluant et injuste. L’alimentation est un enjeu transversal, à la fois économique, social, sanitaire et environnemental, qui pose des questions de solidarité internationale. L’agriculture, qui devrait préserver l’environnement, est responsable d’un quart des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Les agricultures des pays industrialisées, encore largement subventionnées, non seulement ne permettent pas de maintenir l’emploi local mais aussi continuent de concurrencer les produits agricoles du Sud, mettant en danger le modèle prévalant d’agriculture paysanne.

Défendre l’agroécologie ?
Patrick VEILLARD ; DEFIS-SUD, N°133-134, 11-12/2016, P. 10 -14.
L’agroécologie est surtout "une solution à la pauvreté rurale, à la malnutrition, au changement climatique ou à la perte de biodiversité" (Olivier de Schutter, rapporteur des Nations Unies pour le droit à l’alimentation). L’obstacle est de la voir incluse dans des programmes d’"agriculture climato-intelligente", forme de récupération dont les dimensions sociales et politiques sont absentes et ne laissent aucune place à l’innovation paysanne.

Pratiques écologiques : l’avis des experts : Transition vers des systèmes diversifiés
Charline CAUCHIE ; DEFIS-SUD, N°133-134, 11-12/2016, P. 63-66
Le rapport des experts indépendants de Ipes Food est sans équivoque : les monocultures à forte quantité d’intrants et de taille industrielle doivent être reléguées au passé pour permettre aux systèmes alimentaires et agricoles globaux de se mettre à l’heure du durable. Pour tous, le mot d’ordre doit être : diversifier l’agriculture et la réorienter vers des pratiques écologiques.

Comment les Cubains ont converti leur île à l’agriculture biologique
Frédérique BASSET ; BASTA !, 05/2015
Depuis plus de vingt ans, cuba s’est convertie à l’agriculture biologique. Elle compte aujourd’hui 400 000 exploitations agricoles urbaines qui produisent 1,5 millions de tonnes de légumes, sans pesticides et sans engrais chimiques.Cette reconversion spontanée et improvisée génère des emplois, protège l’environnement et améliore la sécurité alimentaire de l’île.

Pourquoi il faut manger autrement
Laurence Estival ; Alternatives Economiques n°349, 09/2015, P. 62-65
Très exposé au changement climatique, le système alimentaire aggrave aussi l’effet de serre. Deux bonnes raisons de revoir la façon dont on remplit nos assiettes.

Agroécologie : Enjeux et perspectives
Laurent DELCOURT ; ALTERNATIVES SUD / CENTRE TRICONTINENTAL (CETRI), VOL. 21-2014/3, 3e trimestre 2014
Dossier comprenant 10 articles :
* Editorial (Laurent Delcourt) : "Agroécologie : enjeux et défis"
* Points de vue du Sud :
- Analyses transversales
Diffuser l’agroécologie pour la souveraineté et la résilience alimentaires (Miguel A. Altieri et C. I. Nicholls)
Mouvements sociaux ruraux, "Dialogue des savoirs" et agroécologie (Peter Rosset et Maria Elena Martinez-Torres)
L’agroécologie comme dépassement du paradigme de la modernisation (Paulo Petersen).
- Amérique latine, Asie, Afrique
Femmes paysannes et agroécologie : une expérience colombienne (Gloria Patricia Zuluaga Sanchez et Sonia Irene Cardenas Solis)
Le paradoxe de l’agriculture cubaine (Miguel A. Altieri et Fernando R. Funes-Monzote)
Pour un tournant agroécologique en Asie (Alex Wijeratna)
Le système d’intensification du riz en Inde (C. Shambu Prasad)
Afrique du Sud : tirer les leçons de l’expérience indienne (Tarak Kate)
Vers un démantèlement de l’agriculture paysanne en Afrique des Grands Lacs ? (Aymar Nyenyesi Bisoka).

OUTILS PÉDAGOGIQUES

Agro Challenges, le jeu de l’agroécologie
Réseau RED (Réseau Éducation à la citoyenneté et à la solidarité internationale), 2018
Agro Challenges ets un jeu de cartes qui permet d’acquérir des connaissances et d’être sensibilisé au concept de l’agroécologie, en essayant, seul ou en équipe, de trouver des solutions ou des leviers à certains défis et problèmes que doit relever l’agriculture.

À voir

On a 20 ans pour changer le monde
Hélène Médigue, 2018, 86mn.
On a 20 ans pour changer le monde…et tout commence par la terre qui nous nourrit. Le constat est là : 60 % des sols sont morts, et le mode de production actuel ne nourrit pas la planète. Mais des hommes et des femmes relèvent le défi et démontrent que l’on peut se passer des pesticides et des intrants chimiques pour toute notre alimentation. Grâce à leur énergie communicative qui bouscule les discours et les habitudes, un autre monde est possible !

Vivre dignement de sa terre
Karfa DIALLO ; Christophe LEROY ; COLLECTIF, 2015, 37mn.
Autour de la naissance d’une filière saine et durable au Sénégal, ce film nous fait rencontrer, entendre, et vivre avec des productrices et producteurs engagés. A travers leur expérience, ces productrices et producteurs nous donnent à voir l’intérêt de techniques agroécologiques pour répondre aux difficultés qui touchent aujourd’hui l’agriculture familiale au Sénégal.

Les liberterres
Jean Christophe LAMY ; Paul Jean VRANKEN ; Collectif, 2015, 82 mn.
Fiche pédagogique.
Portrait d’une rébellion, « Les Liberterres » suit le parcours de 4 paysans qui ont tourné le dos, définitivement, aux méthodes de l’agriculture conventionnelle. Tant pour l’approvisionnement en intrants que pour la vente de leurs produits, nos 4 héros ordinaires ont imaginé un système de production agricole à taille humaine, dont ils ont la totale maîtrise. Et cela fonctionne ! Ils en vivent, et sont heureux.
En contrepoint, des archives nous font voyager en noir et blanc dans une époque où la science, croyait–on, allait définitivement sauver le monde de la faim et de la malnutrition. Des paysages d’Europe et d’Afrique aux 4 saisons, des personnages émouvants et provocants, des histoires qui s’entrecroisent pour parler un seul langage : la terre en liberté.

Ceux qui sèment
Pierre FROMENTIN ; Agro & Sac à Dos, 2014, 52 mn.Retour ligne automatique
Fiche pédagogique.
Mais quelle est donc cette agriculture familiale qui emploie à ce jour plus de 40 % des actifs mondiaux et produit 80 % de l’alimentation mondiale ? C’est la question à laquelle 40 étudiants en agronomie ont choisi de répondre en réalisant un film documentaire à travers le monde. Le jeune réalisateur Pierre Fromentin a mis en image cette agriculture familiale, en passant par l’Inde, la France, le Cameroun, l’Equateur et le Canada. Ce film évoque les avantages et les limites associés au caractère familial de l’agriculture. Une invitation au voyage et à la réflexion, pour un public de tous âges et de tous horizons.

Les moissons du futur
Marie-Monique ROBIN ; Collectif, 2012, 96 mn.
Fiche pédagogique.
9 à 12 milliards d’êtres humains en 2050, des surfaces agricoles limitées, érosion des sols, épuisement des ressources en eau, diminution de la biodiversité, dépendance au pétrole ...
L’agro-écologie, solution pour que chacun se nourrisse demain ? Oui, démontre ce documentaire ! Il présente des initiatives agro-écologiques réussies des quatre coins du monde, augmentant les rendements et créant de nouveaux liens entre producteurs et consommateurs. Des alternatives à diffuser sans modération...

Les semences prennent le maquis : Les agroécologistes d’Afrique de l’Ouest s’organisent pour défendre les semences locales
Nathanaël COSTE ; Marie GABELOUX ; Anne BERSON ; LABLACHERE : TERRE & HUMANISME, 2011, 55 mn.
Le premier film de 27 mn raconte la lutte menée contre les semences hybrides et les OGM par des associations agroécologiques françaises et africaines en Afrique de l’Ouest. On suit une rencontre militante de paysans venus de plusieurs pays pour se former aux techniques de production de semences maraîchères. Dans le deuxième film de 13 mn, des paysans burkinabés parlent de leurs déboires à propos de la culture du coton Bt promue par la firme Monsanto. Dans le troisième film de 15 mn, Pierre Rabhi propose l’agroécologie comme solution au problème de la faim

Le ventre de Douala
Jean-Christophe Monferran ; IRD, Cité des sciences et de l’industrie, 2007, 28 mn
Ce reportage montre comment toute une région de l’ouest du Cameroun s’est convertie aux cultures maraîchères pour assurer la sécurité alimentaire de la capitale économique du pays, suite à la crise économique des années 80-90.
Vers 1990, les cours du café et du cacao s’effondrent, les cultivateurs sont ruinés. C’est l’occasion d’un reflux vers les campagnes, d’un retour aux cultures maraîchères et d’une diversification des plantations. Des entrepreneurs de la ville apportent leur savoir-faire. Des coopératives sont créées, des hangars construits. On plante pour stabiliser les terres. Sans mécanisation et sans engrais chimiques, la culture intensive donne du travail, nourrit les familles et la population de Douala. Reste le problème de la commercialisation à grande échelle et de l’exportation. Les structures commerciales ne suivent pas. Du moins, pas encore.

Pour aller plus loin

Via Campesina
Via Campesina (la « voie paysanne » en espagnol) est un mouvement international qui coordonne des organisations de petits et moyens paysans, de travailleurs agricoles, de femmes rurales, de communautés indigènes d’Asie, des Amériques, d’Europe et d’Afrique. Via Campesina milite pour le droit à la souveraineté alimentaire et pour le respect des petites et moyennes structures paysannes.

Terre et Humanisme
Association qui "œuvre pour la transmission de l’agroécologie comme pratique et éthique visant l’amélioration de la condition de l’être humain et de son environnement naturel"

Le Blog de Marie Monique Robin
Blog de l’auteure du documentaire "Les moissons du futur" qui enquête sur les méthodes de l’agroécologie dans différents points du globe.

Osez l’agro Écologie
Le site Osaé est une plateforme d’échanges pour la mise en pratique de l’agroécologie qui s’appuie sur des exemples concrets et diversifiés d’exploitations et de pratiques agroécologiques. Il propose aussi des informations techniques par pratique permettant d’approfondir les conditions de leur mise en oeuvre.

[2Un dossier de l’association Loos N’Gourma paru sur le site de RITIMO montre le caractère multidimensionnel de l’agroécologie et précise ses principes : c’est à la fois une science étudiant l’agroécosystème par une approche globale, un ensemble de pratiques agricoles, et un mouvement social de contestation de l’agriculture productiviste.

[3Evaluation internationale des connaissances, des sciences et des technologies agricoles pour le développement

[480 % des quelque 800 millions de personnes très pauvres dans le monde - vivant avec moins de 1,90 dollar par jour - habitent dans des zones rurales, et 65 % d’entre elles travaillent dans l’agriculture

[6Les ODD ont été adoptés par les Nations-Unies le 25 septembre 2015

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