Le Festival des cinémas africains, un voyage passionnant autour du continent africain
Organisé par Monde Solidaire, en partenariat avec le cinéma Le Kid, le Stella Ciné à Baugé en Anjou, la municipalité de la Flèche, et avec la participation de la bibliothèque de la Flèche et de la librairie "Le bruit des mots", le festival met en lumière neuf œuvres qui explorent des thématiques profondes et universelles, nous fait découvrir une grande diversité culturelle, et propose des récits riches de luttes individuelles ou collectives.
Une programmation engagée et des thèmes puissants
À travers une programmation où dialoguent films contemporains et un film de patrimoine, le Festival des cinémas africains pose un regard complexe sur le continent. Il réunit des films touchants ou engagés, qui nous feront découvrir le regard de cinéastes africain·es sur les questions sociales, sociétales ou politiques qui traversent leurs pays.
Neuf films et cinq pays, pour évoquer l’Afrique dans sa diversité.
Le festival débute en force le mercredi 4 mars avec La légende de la reine vagabonde de Lagos, un thriller social du collectif Agbajowo. Ce film relate les luttes des habitant·es des bidonvilles face à la corruption rampante dans la mégapole nigériane et leur combat pour plus de justice sociale.
Jeudi 5 mars, le festival s’échappe pour une soirée au Stella Ciné à Baugé en Anjou, avec Toutes les couleurs du monde de Babatunde Apalowo, un film politique et poétique qui traite de la nécessité de taire son désir, dans une société nigériane où l’homosexualité est passible de peines allant de 10 à 14 années d’emprisonnement. Comment dans ce contexte Bambino, chauffeur-livreur trentenaire, peut-il s’accepter et accepter ses sentiments naissants pour un autre homme ?
Samedi 7 mars, dans son road-movie marocain Reines, Yasmine Benkiran fait souffler un air frais de liberté autour de ses trois héroïnes lancées dans une cavale qui se déroule en grande partie dans les splendides paysages de l’Atlas. Elle nous propose avec ce film un nouveau type de figure féministe dans le cinéma arabe.
Dimanche 8 mars, le festival célébrera la journée internationale des droits des femmes avec la projection du documentaire de Greta-Marie Becker Germaine Acogny, l’essence de la danse. Ce documentaire rend hommage à la danseuse et chorégraphe sénégalaise Germaine Acogny, qui utilise son art pour montrer et décrire la place de la femme dans la société, dénoncer le racisme ou les violences liées à la colonisation.
La projection sera suivie d’un échange avec Florence Loison, chorégraphe qui était à l’école des Sables de Germaine Acogny en 2007 pour compléter sa formation aux danses africaines. Elle pourra nous apporter son témoignage sur cette expérience.
Lundi 09 mars et mardi 10 mars, dans son le film Promis le ciel, Erige Sehiri nous invite à découvrir trois beaux portraits de femmes issues d’Afrique subsaharienne, une pasteure, une étudiante et une mère en exil, qui voient leur cohabitation basculer lorsqu’elles accueillent la petite Kenza, 4 ans, rescapée d’un naufrage aux abords de Tunis. Chacune à sa manière, elles font face à la réalité hostile qui les entoure dans un climat social de plus en plus préoccupant.
Mercredi 11 mars, ne ratez pas Timpi Tampa, d’Adama Bineta Sow. Cette comédie dramatique sénégalaise aborde avec finesse, sensibilité et une touche d’humour un sujet grave, la dépigmentation liée aux normes de beauté imposées aux femmes. Khalilou, Tootsie des temps modernes, apprenant que sa mère a développé un cancer suite à l’utilisation répétée de produits toxiques, part en croisade contre ce fléau qui affecte particulièrement le continent africain.
Samedi 14 mars, c’est vers le Cap-Vert que notre festival nous entraîne. Hanami, le film de Denise Fernandes propose une réflexion poétique face à l’océan Atlantique, au milieu d’une nature où dominent des volcans endormis. Le film met en lumière la condition des Cap-Verdien·nes, tiraillé·es entre l’isolement insulaire et les douleurs de l’exil, .
Lundi 16 mars, venez (re) découvrir Hyènes de Djibril Diop Mambety en version restaurée. Une vieille femme revient dans son village après en avoir été bannie, elle est désormais richissime. Pour faire profiter la communauté de ses milliards, elle réclame la tête du plus populaire des habitants. Les notables comme les villageois·es ont beau s’indigner d’une telle demande, la tentation va peu à peu exercer son pouvoir de nuisance. Ce conte cruel sur la corruption et la lâcheté est aussi une réflexion sur le pouvoir de l’argent et une métaphore de l’Afrique dépendante de l’aide occidentale.
Le festival se conclura le 17 mars avec le très beau film sénégalais de Angèle Diabang, Une si longue lettre, adaption du roman éponyme de Mariama Bâ publié en 1979. Lorsque son mari prend une seconde épouse après vingt-cinq ans de mariage, la désillusion est cruelle pour Ramatoulaye. Une lutte s’engage alors, où s’affrontent tradition et modernité, et des visions radicalement différentes de la place de la femme dans la société africaine d’aujourd’hui.
La projection sera suivie par un temps d’échanges pendant lequel sera dévoilé le "Coup de cœur du public 2026".
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La matinée "Contes Africains", un moment fort pour s’émerveiller !
Samedi 14 mars, ne manquez pas ce spectacle gratuit animé par le conteur Georges M’Boussi. Il promet un voyage enchanteur à travers les récits traditionnels africains, accompagnés de scènes vivantes et de musique, qui réjouira petits et grands.
L’exposition “A la découverte des textiles africains, jouer avec les motifs”
Elle mettra en lumière les créations d’élèves de la communauté de communes de La Flèche, des participant·es de l’atelier couture de l’association Solidarité Accueil Exilé·es, des jeunes de l’Institut Médico-Educatif du Val de Loir ainsi que des bénévoles et salarié·es de Monde Solidaire La Flèche. Cette exposition sera accessible tout au long du festival au cinéma Le Kid.
Les participations autour du livre
La librairie "Le bruit des mots" et la bibliothèque Jacques Termeau nous accompagnent pour la durée du festival en proposant une sélection d’ouvrages pour découvrir l’Afrique dans sa diversité à travers la lecture. Une façon différente de s’aventurer dans le voyage offert par la programmation cinématographique.
La bibliothèque mettra en avant un choix de livres pour enfants tandis que "Le bruit des mots" fera un focus sur les pays concernés par les films (Cap-Vert, Maroc, Nigeria, Sénégal, Tunisie). La librairie mettra entre autres à disposition le roman de Mariama Bâ "Une si longue lettre".
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